2037 – Une Chronique de Karl Otto Brenner n’est pas un simple roman d’anticipation.

Il explore une mutation silencieuse du monde.

À la fin des années 2020, l’Europe entre dans une instabilité diffuse. Les institutions fonctionnent encore, les alliances tiennent, les marchés réagissent. Rien ne s’effondre brutalement. Pourtant, quelque chose se déplace. Selon Karl Otto Brenner, analyste stratégique et conférencier reconnu, la prochaine guerre mondiale ne débutera pas officiellement : elle est déjà en cours, sous une forme hybride, économique, informationnelle, énergétique.

Un événement déclencheur — l’attaque coordonnée contre le siège de l’OTAN — agit comme un accélérateur. Un incident naval dans la Manche transforme la tension en rupture ouverte. Les lignes se fracturent.

Dans les semaines qui suivent, la Belgique, cœur institutionnel européen, devient le point de bascule. À partir du même choc initial, deux trajectoires émergent : dans l’une, la Flandre initie une rupture institutionnelle ; dans l’autre, c’est la Wallonie qui enclenche la cession. Deux dissolutions. Deux configurations politiques distinctes. Deux versions d’un même effondrement du centre européen.

Mais la fracture géopolitique n’est qu’une surface.

Le roman déploie plusieurs lignes temporelles qui se superposent, se corrigent, s’effacent. Les mêmes événements se rejouent selon des logiques différentes. Certaines trajectoires persistent. D’autres doivent disparaître.

Au cœur de ces divergences se tient Philippe Boisjoli, financier influent, persuadé de maîtriser les flux et les structures du pouvoir. Son effacement progressif devient un axe central du récit. Ses avoirs deviennent inaccessibles. Son statut social se délite. Selon la ligne temporelle, il meurt anonymement ou s’effondre face à une révélation intime qui fracture son identité.

À travers lui, le roman interroge notre époque : obsession du contrôle, puissance financière, illusion de maîtrise, construction sociale du succès.

Entre chronique stratégique et exploration existentielle, 2037 met en tension la contingence de l’Histoire et la nécessité de certaines disparitions.

Ce n’est pas le récit d’une apocalypse. C’est celui d’une divergence. Et d’une stabilisation.